Une Aventure Hors du Temps !

France - Septembre 2006

Chiens de traîneaux. ça fait rêver....

 

ça y est c'est réservé !

 

Que dire de ce que nous ressentons ? Nous passons par tous les états d'âmes. Euphorie, doutes...

 

Un flot de questions nous envahit. Il est écrit dans la brochure de l'agence de voyage que les refuges sont sommaires,

sommaires ? ça veut dire quoi ? Sans eau, sans la fée électricité, sans toilettes.... ????

 

C'est l'inconnu, c'est un Défi, c'est....

 

Nous nous entrainons toutes les fins de semaines, nous faisons beaucoup de marche pour avoir la forme !

 

Nous prévoyons un sac à dos chacun. Des sacs en plastique propres serviront à emballer nos vêtements afin de pouvoir les sortir plus facilement dans le noir, car là bas, ce sera la nuit polaire. Il faut prévoir des lampes recchargeables, nous achetons des lingettes pour se nettoyer les mains car nous portons des lentilles....

 

Nous essayons de penser à tout ....

 

La vie est un fleuve qu'il faut suivre comme une oeuvre par laquelle on est ivre, la vie est un feu qui brûle....

Finlande - Laponie - 250 km au delà du cercle polaire

2007 - Début Janvier

L'avion se pose à Kittila, nous sommes à une trentaine de km de Muonio. Il fait -8 degrés.

 

Nous sommes dans le bus.

 

J'ai mal au ventre, nous regardons autour de nous. Il est 15h, il fait nuit. Nous sommes début Janvier et c'est encore la nuit polaire.

 

La guide commence à nous expliquer comment va s'organiser le séjour.

Elle commence par les safaris. J'ai de plus en plus mal au ventre. Nous sommes 5, seulement 5 !!

Elle donne nos prénoms et le n° de nos chambres respectives.

 

Je commence à rêver, je me perds dans ses paroles, quelle idée de venir en Finlande ?

Pourquoi la Finlande ?

 

Pourquoi la Laponie ?

 

Parce qu'il s'agit de l'un des rares endroits encore épargnés par le tourisme de masse. Les paysages y sont magiques, telle une carte postale !

 

Muonio. 19h, nous rencontrons nos autres équipiers au resto de l'hôtel. Nous sommes bien que 5 !

 

Nous attendons notre guide qui ne viendra pas ce soir. Nous commençons à parler de nos voyages et surtout de celui là ! Nous sommes tous dans l'expectative, vivre une telle expérience n'est pas commune !

 

Comment décrire un voyage qu'on ne peut vraiment décrire ? Qui se vit plus qu'il ne se raconte !

 

 

Le lendemain matin, lundi...

nous faisons donc connaissance de notre guide qui s'appelle Pétri.


Pantalons, vestes, bottes pour le grand froid, une cagoule, un chapeau en fourrure, une paire de gants, très grands les gants et un sac de couchage pour affronter les moins 18 degrés.  Ensuite nous sommes invités à aller voir un petit film sur la conduite d'un attelage de chiens de traîneaux. Ceci fait, nous retournons tous dehors afin de voir les explications de vives voix avec un vrai traîneau sous nos yeux.

Je suis tellement attentive aux explications que j'en oublie de filmer et puis un peu dans tous mes
états, m'égare quelques peu de mon camescope. Hub m'avait bien dit qu'il ne fallait pas que le
camescope nous gâche nos moments précieux. Donc c'est en regardant la neige tomber que je
commence à comprendre que nous allons partir et que je n'ai plus le choix de reculer.

 


C'est maintenant le grand départ !
Pétri revient nous chercher. 

Il nous donne nos places, à chacun un traîneau. Je découvre que j'ai un attelage de 4 chiens.
Stéphanie est devant moi et Hub derrière avec 5 chiens.


Et voilà Pétri qui part au galop des chiens et moi qui resquille déjà une place et passe devant Steph, ne pouvant retenir mes chiens.

Et de loin, j'entends Hub qui apparemment a un problème mais ne pouvant rien faire... J'ai beau me retourner je ne vois pas Hubert.


Je n'ai pas le temps de réfléchir que voilà une belle descente... Waouh !!!
Quelques souvenirs me revient de la vidéo :
"Penchez votre corps à droite si vous voulez tourner à droite, la main levée signifie stop et utilisez le frein dans les descentes !"

Après seulement quelques kilomètres, tout signe de civilisation a disparu et seuls le bruit du glissement des patins et les gémissements des chiens nous accompagnent. Ainsi nous commençons à apprécier chaque instant.

 

Le paysage, l'horizon semblent sans fin. Le jour ressemble à du coton, nous voilà hors du temps dans la nuit polaire de la Laponie. Il neige un peu et nous avons de chance car il ne fait pas trop froid. Moins 6 seulement.

 

Deux heures ont passé et nous nous arrêtons pour le déjeuner, dans un petit refuge ou plutôt dans un petit kota, chalet traditionnel Same.

Les Sames sont des Lapons qui vivent en Laponie, soit en Norvège, en Suède, en Finlande ou en Russie.
Nous arrêtons nos chiens au bord du chemin et pendant que nous prenons quelques photos et allons à la rencontre de ces derniers, Pétri s'active à préparer à manger. Il prépare le feu afin de nous confectionner quelques galettes au saumon. Un régal !


Je me rappelle la vidéo :
"Si vous tombez, remettez le traîneau debout"
Impossible ! trop lourd !
Mes chiens sont partis à courir et je ne risque pas de les rattraper. En plus de la honte, me voici sans traîneau. Et sans traîneau... on a l'air bien bête !!!


Pendant ce laps de temps, où je me demande comment j'ai pu en arriver là, Pétri hurle après mes
chiens en Finlandais.
Je repars donc avec lui, sur un patin de son traîneau et une fois à la hauteur de mes chiens vite je cours sauter sur le mien. Après plusieurs tentatives, nous reprenons notre chemin.
Maintenant je fais bien attention à ce que je fais, et ne filme plus.


Vers 15 h à la tombée de la nuit, nous arrivons à notre premier refuge, où nous passerons notre
première nuit.
Nous détachons les chiens des traîneaux et les rattachons à une longue laisse.

 

Pendant ce temps Pétri s'active à faire un feu au refuge. Tout cela prend pas mal de temps car au total nous avons une trentaine de chiens. Une fois terminé nous rentrons nous réchauffer autour du feu.
Nous nous racontons notre première journée, tout le monde rigole de ma gamelle, mais nous sommes tous heureux d'avoir réussi notre première journée.
Puis Pétri revient en nous disant que c'est OK pour la bouffe des chiens. Nous partons donc tous avec nos lampes torches donner à manger aux chiens.

Dans une grande cuve se trouve la pâtée, avec la louche nous remplissons les gamelles pour
tous les chiens. Ensuite vient le temps de la viande, surgelée, que Pétri a cassé à la hache pour
chaque chien.

Vers 18 h c'est le moment, le grand moment du sauna.
Comme le dit le proverbe finlandais, construit d'abord ton sauna, ensuite ta maison.
Il faut savoir que le sauna était autrefois l'élément fondamental du foyer, un coin de chaleur dans ces contrées glacées. On s'y lavait et l'on y venait au monde. Tous les Finlandais en possède un à la campagne. Il s'agit d'une petite maison en bois construite près d'un lac. La température monte à 75 degrés.


Ce premier soir, nous ne sommes pas restés longtemps au sauna car ce fut la découverte. Des bacs d'eau chaude et froide venant du lac y sont entreposés. Nous faisons notre mélange à l'aide de louches, ainsi nous mettons l'eau dans les bassines afin de nous rincer.
Puis nous retournons au refuge où Pétri nous a préparé des encas avec du saumon à l'aneth ainsi que des tomates coupées en rondelles. Lui part au sauna pendant que nous mangeons ces encas.
Ensuite il revient et nous prépare notre diner.


Après le repas, nous restons un peu à discuter ensemble et faire plus amples connaissances, mais à vrai dire, nous avons l'impression de nous connaître déjà, car nous sommes tous venus dans un seul but, conduire un attelage de chiens et découvrir une multitudes de paysages au moment de la nuit polaire.


Puis après un dernier tour à ce que nous appelons notre :
"safari pipi caca" (dans une cabane en bois à l'extérieur)
nous allons nous coucher et allons rêver ....